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Guillaume Bijl

°1946 †2025
Born in Antwerp, BE
Died in Antwerp, BE

Guillaume Bijl est connu pour ses installations monumentales et son réalisme visuel. Depuis la fin des années 70, Bijl crée des décors réalistes à partir d’objets trouvés. Ce faisant, il a joué un rôle pionnier dans le renouveau du ready-made. Bijl montre au public divers aspects de notre « civilisation » occidentale et de la société de consommation. À travers de stéréotypes extrêmes, il crée une sorte d’« archéologie de notre temps » d’une manière tragicomique et aliénante.

Après avoir cherché un mode d’expression susceptible d’impliquer le public, le jeune Guillaume Bijl, artiste autodidacte, a commencé à créer des projets sur papier dans les années 70 (« Project Pleasures »). La série la plus importante comprenait neuf « Treatments ». Cette série met en lumière diverses déterminations et phénomènes sociétaux tels que l’Église, l’armée, le système éducatif, l’industrie du tourisme, le sexe, l’homme d’affaires ou le quotidien des ouvriers. Dans ces représentations sur papier, Bijl trace un parcours, accompagné d’un script étape par étape, guidant le visiteur de salle en salle pour suivre le parcours de vie, par exemple, d’un soldat. Ce sont ces projets qui sont à l’origine de son œuvre ultérieure, tant sur le plan visuel que sur le plan du contenu.

En 1979, Guillaume Bijl réalise sa première installation, intitulée Autorijschool Z, à Ruimte Z, une galerie gérée par des artistes à Anvers. L'artiste met en lumière ce qui n'aurait pas dû se produire : la transformation de la galerie en une institution commerciale peu attrayante, une auto-école. Dans ce décor réaliste, l’artiste a mis à disposition des chaises et des bancs pour les élèves, un tableau noir, des panneaux didactiques avec des panneaux de signalisation, une maquette de moteur… Dans cette première installation, on reconnaît déjà trois éléments qui deviendront caractéristiques de l’ensemble de son œuvre. Premièrement, il y a un jeu entre fiction et réalité qui suscite chez le spectateur un sentiment d’aliénation ou de confusion provoqué par l’acte de déplacement de l’artiste. Deuxièmement, Bijl critique un phénomène sociétal contemporain et, enfin et surtout, le fait que l’installation soit placée à l’intérieur d’un espace d’art transforme chaque objet en sculpture et en image visuelle.

Cette auto-école fut la première d’une série d’installations de transformation, qui évoluèrent en une épopée visuelle des phénomènes sociétaux. Dans de nombreux musées et galeries, Bijl a créé un Abri Anti-Atomique (Liège, 1985), un Schietkraam [un stand de tir] (Eindhoven, 1985), un Caravan Show [Salon du caravaning] (Grenoble, 1989), un Supermarkt [Supermarché] (Tate Liverpool, Francfort, Bâle), un Luchthaven Basel [Aéroport de Bâle] (1986), un Futonwinkel [Magasin de futons] (New York, 1989), un Pruikenwinkel [un magasin de perruques] (Bruxelles, 2012), un hondentrimsalon [salon de toilettage pour chiens] (Zurich, 2016), etc.

Outre ces installations de transformation, on distingue cinq autres types d'œuvres dans l'œuvre de Bijl. Les noms de ces types constituent également les titres des œuvres. Il arrive parfois qu'un Tableau Vivant ou une performance soit présenté lors du vernissage.

Dans ses installations situationnelles, Bijl crée de la fiction dans la réalité, généralement dans l’espace public. C’est ainsi qu’en 1995, lors de la Documenta 9 à Kassel, il a fixé des oiseaux empaillés sur des toits et des lampadaires.

Ses Compositions, souvent appelées Composition Trouvée, sont des fragments de la réalité : des objets qui semblent avoir été retirés d’un magasin d’antiquités ou d’une boutique de cadeaux. Ces œuvres, souvent d’aspect kitsch, sont de plus petite échelle et toujours soigneusement composées.

Les œuvres Sorry peuvent prendre différentes formes. Ce sont des compositions ou des installations comportant un élément absurde, ce qui les fait sortir de la réalité et les rapproche du surréalisme. Un bel exemple en est un petit nid d’oiseau contenant une boule de billard rouge et deux boules blanches — une nature morte bizarre.

Avec le thème Cultural Tourism [du tourisme culturel], Bijl crée des installations qui mettent en lumière les musées banals et le tourisme de masse, comme par exemple dans Roman Road (Middelheimmuseum, 1994) ou l’installation Lederhosen Museum (Graz, 1997).

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